La politique régionale en matière de TIC
Prendre l’initiative : ainsi pourrait-on résumer la politique régionale en matière de TIC depuis 2000, où un plan très structuré encadre - et finance - des actions qui touchent de très nombreux domaines. Cette politique se prolonge et se consolide pour la période 2007-2013, avec quelques modifications dictées par l’expérience et les priorités (voir plus loin).
Les entreprises réunionnaises n’ont rien à envier à leurs homologues de l’hexagone pour ce qui est de la pénétration et de l’utilisation des TIC, comme le montrent les enquêtes annuelles. Mais des progrès restent à faire, notamment pour intégrer les services à plus forte valeur ajoutée, notamment dans les entreprises de la filière TIC (actuellement plus de 500 entreprises, qui emploient plus de 4000 personnes et génèrent un chiffre d’affaires dépassant 1,2 milliard d’euros par an). La Région a mis en place un dispositif d’aides important : soutien à la production de produits innovants, aide aux investissements, prime régionale à l’emploi. Quelques projets aidés : le site de réservation Oté Biyé, les services Internet de Médialight, les solutions de sécurité d’Idom Technologies…

La recherche, c’est le début d’un cercle vertueux : d’une part, elle fait progresser les connaissances, d’autre part elle peut avoir des retombées sur le développement économique. L’objectif est donc de faire bénéficier le territoire des résultats de la recherche réalisée au sein des laboratoires. L’invention d’un nouveau logiciel, ou l’application des TIC au développement durable profitent à toute l’île. La Région co-finance, avec l’Etat et l’Europe, des projets qui peuvent être portés par les établissements de recherche et des entreprises partenaires, dans de nombreux domaines : linguistiques, développement durable (observation de la haute atmosphère, climatologie…), biodiversité (étude des espèces marines…), traitement de l’information, modélisation, bio-informatique… Parmi les projets aidés, une base de connaissance sur les coraux, le projet E-Guitare, les applications TIC au monde industriel.
La Région Réunion a initié une politique très active en faveur de filières à fort potentiel de développement économique. Projet prioritaire dans cette branche : l’E-Tourisme, dont le chantier est assez avancé. le portail en cours de conception sera à la fois une vitrine touristique, un lien entre partenaires professionnels et un système de réservation en ligne. Dans le même temps, une étude est en cours pour identifier les leviers permettant de développer des activités spécifiques de la filière TIC. Une autre étude vise à déterminer des actions pour favoriser la numérisation et la diffusion du patrimoine réunionnais.
Les résultats de l’action menée depuis cinq ans dans ce domaine par la Région Réunion se voient sur les écrans : notre île, longtemps inconnue, est devenue un site reconnu, où l’on tourne aussi bien des longs métrages ("Vendredi ou un autre jour") de grandes séries télé (“Joséphine ange gardien”, “Les secrets du Volcan”, “Les mariés de l’île Bourbon”…) que des productions locales (“Kamion bar”, Kaméra kafé”, Dada ek Néninn”…) ou des documentaires, dont certains se sont offert des prix nationaux bien mérités. La production de vidéoclips progresse également : un outil majeur pour l’exportation de notre musique.
Faire connaître les capacités créatives de La Réunion, mais aussi alimenter la filière locale en projets originaux, tels sont les buts de l’aide régionale aux arts numériques. Elle se traduit par le soutien à des manifestation comme le Carrefour de l’Image, et surtout par l’organisation du concours Ikré, à l’issue duquel les lauréats peuvent être accompagnés dans leurs projets de création multimédia jusqu’à hauteur de 15 000 euros. Des sites Internet, des DVD ont ainsi été aidés, et certains ont pu participer, brillamment, au Prix Möbius International, sorte de Césars de la création multimédia, que La Réunion a accueilli en 2005, et auquel elle participe désormais chaque année.

Un effort considérable a été fait au cours de ces dernières années, afin de doter La Réunion d’un réseau régional à très haut débit, baptisé Gazelle, qui permet une meilleure couverture du territoire et le développement de nouveaux services et de la concurrence, donc l’amélioration des débits, des zones desservies et du rapport qualité/prix. L’ossature de ce réseau est constituée d’un câble de 48 fibres optiques, enroulé le long des câbles à haute tension d’EDF et complété par des réseaux de fibres optiques enterrés (406km au total) et des liaisons radio. Il vient d’être confié à un groupe d’entreprises, dans le cadre d’une délégation de service public, et est ouvert à tous les opérateurs.
La desserte interne de l’île est une chose, mais sa connexion au monde est l’essentiel : c’est elle en effet qui coûte le plus cher. C’est pourquoi la Région multiplie les efforts pour faire chuter les tarifs sur les moyens de connexion internationale de La Réunion, essentiellement le câble sous-marin SAFE. Efforts couronnés de résultats, puisque le prix du mégabits/seconde est passé de 17 500 euros en 2003 à 460 euros en 2007. Mais ce n’est pas suffisant pour assurer une véritable continuité territoriale et l’égalité de communication des Réunionnais par rapport aux autres citoyens français. Des projets sont donc à l’étude pour ouvrir d’autres connexions par SAFE, qui ne seraient pas gérées au bénéfice d’un opérateur particulier, et pour participer au futur câble connectant les îles de l’océan Indien.
L’E-administration est en plein développement, au niveau national. A La Réunion, la Région accompagne les projets des collectivités locales, en partenariat avec l’Europe. La priorité est donnée à des projets ayant un impact à l’échelle de toute l’île, comme la base de données topographique, outil essentiel pour la gestion du territoire, ou des projets de numérisation d’état-civil, de téléservices et téléprocédures administratives qui peuvent être étendus à l’ensemble des communes.

C’est l’objectif des 23 Cybercases réparties dans toute l’île, qui s’adressent aux personnes non équipées et font de la formation et de l’information. Le réseau a atteint sa phase optimale. La Région soutient aussi des projets associatifs.
Dans le même esprit d’ouverture de tous aux TIC, un schéma directeur des lycées vise à leur mise en réseau totale. Il est complété par un projet d’Université Numérique en Région : La Réunion a été la première région française à signer ce type de convention.
Lutter contre la fracture numérique, former des jeunes aux métiers des TIC : c’est le double objectif de cette action, qui passe par le Département IREMIA de l’Université de La Réunion, l’Institut de l’Image de l’océan Indien (ILOI) , ainsi que par des séminaires de formation. Par ailleurs, un projet d’école d’ingénieurs de l’Océan Indien, est actuellement en cours avec pour objectif d’offrir à La Réunion une formation de pointe commune aux pays de la zone (Madagascar, île Maurice, La Réunion) dans le domaine des télécommunications et des services de l’Internet.

Toutes ces actions vont se poursuivre, avec des moyens accrus : le rôle des régions est étendu dans le nouveau programme de gestion des fonds structurels européens. Les projets E-tourisme, Gazelle et liaisons intercontinentales, prioritaires, vont bénéficier d’un investissement important. On en reparlera !
La révolution du e-tourisme (juin 2006)
Nouvel élan à l’adcam : « FAIRE TRANSITER LES ENERGIES » (juillet 2008)
Sports et sciences (octobre 2005)
Les rois du SMS ne lisent plus les journaux (juillet 2008)
Coffre-fort et sourires (virtuels) aux clients (novembre 2007)
Cannes et TIC (septembre 2005)
Réussir une expo numérique (novembre 2002)
Comprendre le très haut débit : COMMENT ÇA MARCHE ? (septembre 2008)
La Réunion : la cervelle en ligne (juin 2005)
Audiovisuel : fondu enchaîné (octobre 2009)