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Sommaire , novembre 2008

Editorial Région Dossier Créativité Pays Koman i march, Koman mi fé ?

Futurs

Protel NEWS numéro 125, juillet 2008

Des lendemains à bien préparer
Communiquer plus, mieux et ne pas faire payer l’addition aux générations futures : l’enjeu des TIC « durables » est lourd, plus encore pour une île…

Déménagement ou dépaysement ? La Rencontre Numérique, cette année, avait quitté Saint-Gilles pour Montgaillard. Pas de village de tentes, donc.

Et seulement deux jours au lieu de quatre pour l’UCOI. Ce qui n’a pas empêché l’abondance (plus de 30) et la qualité des débats. On a parlé de ce qui est dans les tuyaux, de la TNT à l’e-administration, on a évoqué les possibilités nouvelles offertes par les nouvelles technologies en matière de gestion des territoires, d’évaluation des compétences… ou de santé.

Charlotte Ullmann : « Réduire, recycler, réutiliser… »

A ce propos, la programmation avait malicieusement fait se croiser deux débats, l’un demandant si le numérique rendait fou, l’autre s’il pouvait aider à améliorer la santé mentale

« Autant de pollution que le secteur aérien »

Parmi les intervenants, Charlotte ULLMANN, chargée des partenariats et des relations institutionnelles au département Développement numérique des territoires de la très sérieuse Caisse des Dépôts et Consignations.

Elle participait au débat sur les « tendances lourdes mondiales » et s’enthousiasme du rôle du pouvoir public qui est de participer au risque de l’anticipation.

« Un des points majeurs sera la gestion de l’environnement. Les TIC, à l’heure actuelle, polluent autant que l’ensemble du secteur aérien. Il y a plus de 1300 matériaux différents dans un ordinateur portable : imaginez la difficulté de les recycler ! Il faut donc imaginer des processus écologiquement plus rationnels, respecter les trois R : Réduire, Recycler, Réutiliser… Et vite.

« Passer à l’action, ne pas se contenter de discours flous. »

« Un des chemins vers un développement numérique durable passe aussi par une réorganisation des territoires : il faut éviter les déplacements inutiles, développer des services de proximité… »

« La Réunion, la plus dynamique de l’outre-mer »

Et La Réunion, dans tout ça ? Elle a des handicaps, puisque éloignée, isolée : « C’est une évidence : l’île ne peut pas continuer à dépendre d’un seul câble sous-marin pour ses communications extérieures ! » Mais elle a aussi des atouts : « Vous êtes très bien placés en ce qui concerne le taux de bonheur par habitant, le savoir-faire dans de nombreux domaines - dont le numérique - et aussi le dynamisme. La Réunion est de loin la région la plus dynamique d’outre-mer. Elle doit faire valoir ses atouts : géographiques, technologiques. Elle peut être une plate-forme idéale d’expérimentation pour des techniques qui pourront être étendues à des territoires plus grands. Elle a ce qu’il faut pour cela : infrastructures, flière professionnelle, recherche universitaire, existence d’une agence « pic » numérique, usagers experts et exigeants, élus moteurs, plus une belle image au niveau national et international… »

« Inventer l’économie de l’immatériel »

Miniaturisation et dématérialisation offrent de nouvelles possibilités d’économie, en matériaux, en temps, en transports. « Les puces RFID, par exemple, peuvent permettre de gérer des troncs d’arbre, toute une quantité de fux auxquels on ne pense pas tout de suite. Il faut imaginer d’autres manières de travailler, s’organiser pour être plus effcace. Pour La Réunion, cela peut toucher de nombreux domaines : le tourisme, les transports en commun, des déchets, communication avec les citoyens… Le projet Ile Verte est une belle illustration de ce qui peut se faire, en coordonnant les volontés et les compétences. Les outils existent, il y a juste à imaginer comment en tirer le meilleur usage… »

« Anticiper anticiper, anticiper »

Gabriel Goudy : « Même Saint-Denis risque de ne pas être assez attractif… Gabriel GOUDY est ingénieur réseau au conseil régional d’Aquitaine, délégué aux TIC, aux infrastructures haut et très haut débit et à l’aménagement du territoire. Le très haut débit est pour lui la réalité de demain, qui commence à toucher une petite proportion de citoyens.

« L’offre actuelle haut débit ne dépasse pas quelques Mégabits/s (Mbps). Le très haut débit, c’est du 1 Gigabit/s (Gbps) chez l’abonné. Cela aboutira à des usages qu’on commence à peine à imaginer. Mais c’est pour tout de suite et il faut être prêt. »

Comment ? « En anticipant ! Il faut oublier la politique qui consiste à créer les réseaux après, quand on en a un besoin impératif : les délais de construction sont tels qu’il faut les construire avant ! Imposer à chaque chantier, qu’il s’agisse de refaire une route ou construire un lotissement, qu’il prévoie les fourreaux pour faire passer les fbres optiques. C’est un surcoût infme, si on le prévoit à ce stade des travaux. En revanche, s’il faut recreuser une tranchée, six mois après… Il faut aussi mutualiser les informations. Les systèmes d’information géographique (SIG) permettent de savoir avec une très grande précision où sont les réseaux actuels, donc comment les mettre aux normes très haut débit. En tout cas, il faut sortir de la politique de la poule et de l’œuf et cesser de rester immobile en attendant de savoir par quoi commencer : les services ou les infrastructures. Je vous garantis que quand les infrastructures sont là, les services arrivent ! »

« 30 milliards à trouver »

« C’est le grand souci : la mise au très haut débit de la France, avec la fbre optique arrivant dans toutes les maisons, est estimée à 40 milliards d’euros. Dix vont être misés par les investisseurs privés, qui ne vont couvrir que les zones qui les intéressent : les plus densément peuplées, donc les villes. Si on veut toucher tous les gens qui n’ont pas la chance d’habiter en immeuble dans un grand centre, il va falloir trouver dans l’argent public les 30 milliards manquants. D’où l’intérêt pour les collectivités d’anticiper sur les équipements : cela aidera d’autant à réduire la fracture qui s’annonce entre cités et provinces… »

Il n’y a pas d’autre solution que la fbre optique ? « Aucune n’apporte autant de débit aller-retour, aucune n’a une aussi grande durée de vie, assure Gabriel Goudy. On peut s’appuyer sur l’hertzien ou le satellitaire pour couvrir certains besoins spécifques, mais on ne peut pas s’affranchir des poses de fbre… » Et dans le cas de La Réunion ? « La collectivité a déjà bien avancé dans ce domaine, avec le réseau Gazelle. Disons que la partie collecte régionale pour relier les villes entre elles est bien avancée. Mais il manque les « derniers mètres », qui relient l’abonné au réseau de collecte. Qui va les fnancer ? Sûrement pas les opérateurs privés, pour lesquels même Saint-Denis ne sera sans doute pas assez attractif, parce que pas assez densément peuplé… »





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