Difficile de faire un tour d’horizon des TIC dans l’océan Indien. L’information n’est pas toujours transparente : essayez donc de comparer les tarifs ADSL d’un pays à l’autre, dans la jungle volontairement touffue des offres proposées par les opérateurs...
En outre, il y a parfois des effets d’annonce, pas toujours suivis de faits.
On peut cependant faire un constat : celui de l’énorme disparité des situations.
D’un côté, les pays riches et urbanisés, de l’autre, les pays pauvres et ruraux. Une immense fosse technologique les sépare.
Dans les pays développés et urbanisés, une synergie s’est instaurée depuis longtemps déjà entre les progrès technologiques, la demande et l’offre. Consommateurs privés et entreprises sont à l’affût des technologies nouvelles, exigent toujours plus de débit et de qualité. Leur consommation permet de rentabiliser les lourds investissements techniques, lesquels permettent en aval de créer de nouvelles activités, elles-mêmes génératrices d’emploi, de consommation et de flux de communication. La boucle est bouclée : ces pays se connectent à eux-mêmes et à l’extérieur par des réseaux à haut débit (généralement en fibres optiques) qui permettent tous les nouveaux services : Internet, mobiles, télévision en ligne...
Il n’en est pas de même dans les pays à l’économie modeste. Ceux-ci n’ont pas les moyens de développer les grands maillages à haut débit nécessaires à un vrai décollage des nouvelles technologies. Souvent, ils n’ont pas eu non plus les moyens de payer le ticket d’entrée sur les réseaux planétaires de type SAFE. Les seules solutions consistent à sectoriser les réponses : mise en réseau d’une grande ville offrant une demande potentielle plus importante que le reste du territoire, arrosage de secteurs plus ruraux par des systèmes sans fil (satellite, wifi, etc.) Une politique encore compliquée par les faibles moyens des consommateurs potentiels, qui ne tirent pas la croissance.
La mise en chantier d’un nouveau câble sous-marin, EASSy, qui connectera le Mozambique, Madagascar, la Tanzanie, Zanzibar, le Kenya, la Somalie, Djibouti et l’Erythrée, et à travers ces accès côtiers un grand nombre de pays en voie de développement de l’Est africain, devrait dans les années futures contribuer à combler en partie le fossé qui sépare riches et pauvres. Il n’empêche que la disparité est telle que le rattrapage prendra des décennies, si les plus nantis ne tendent pas la main à leurs voisins défavorisés. La construction d’une vraie communauté de l’océan Indien ne se fera pas sans cela.
La Réunion pourrait jouer un rôle dans ce projet commun : au delà du fait qu’un nouveau câble renforcerait à court terme la concurrence entre les opérateurs fournisseurs de liaisons intercontinentales, il nous faut, dès à présent, penser au remplacement du câble SAFE qui pourrait arriver à saturation d’ici 2015, sans parler des opportunités offertes par le développement des échanges économiques inter-îles.

... De Maurice
Nos voisins ont choisi de développer les connexion Internet sans fil en multipliant l’installation de hot-spot wifi sur le territoire. Chantier en cours, puisque après le campus de Réduit, proche de la Cybercité d’Ébène, voici que la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill, une des principales cités résidentielles de l’île, qui embraie le pas ! L’ accès devrait être limité à 512 Kbps, ce qui est correct comme débit... Le projet - si la promesse des annonces est tenue - devrait être étendu en fin d’année 2006 à Quatre-Bornes, la ville voisine, et au secteur-clé du tourisme, la région de Grand-Baie dans le Nord. Signalons en outre un grand projet de mise en réseau des administrations régionales et, comme chez nous, la possibilité depuis juin dernier de visionner la télévision sur son mobile.
... Des Comores
Toujours pas connectées aux câbles sous-marins, les Comores souffrent de connexions très lentes (56 Kbps). La vitesse devrait passer à 153,6 Kbps avec la mise en place d’un réseau de téléphonie sans fil, mais il faudra attendre l’hypothétique connexion au futur câble sous-marin EASSy qui doit relier les pays d’Afrique de l’Est, pour de vrais hauts débits, aux Comores comme à Mayotte.
... De Madagascar
La Grande Ile reste gravement handicapée, à la fois par la faiblesse de ses infrastructures terrestres sur un territoire gigantesque, et par l’absence de connexion à un câble sous-marin. Sans compter l’insuffisance d’utilisateurs de TIC qui nuit au développement de la filière par manque de marché. Cela n’empêche pas les projets et les progrès : si des industries nouvelles comme les centres d’appels et autres activités TIC sont pénalisées par les faibles débits, des initiatives sont en chantier, comme l’implantation d’un premier réseau en fibres optiques à Antanarivo, ou l’implantation d’un cybercafé particulièrement bienvenu à l’Université, dont les étudiants étaient sans connexion depuis plus d’un an...
... D’Inde
Avec un milliard d’habitants, l’Inde est un géant technologique, où le secteur des télécommunications se développe à une vitesse fulgurante, tant au niveau des infrastructures et de la consommation qu’à celui des applications, génératrices de millions d’emplois. Dernier développement en date, qui traduit bien la puissance de notre lointain voisin : l’Inde veut se doter de son propre système de navigation par satellites, complémentaire du GPS américain et de l’européen Galileo auquel elle participe. Rappelons que l’Inde est connectée à une multitude de câbles sous-marins (Safe, Flag...)
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