C’est la grande mode sur Internet : des multitudes de Cyberpays, royaumes, empires ou républiques virtuels, fleurissent. Le jour, Éric Lis est élève au collège John-Abbott, à Montréal. Le soir, il allume son ordinateur et devient Éric 1er, empereur. D’accord, il n’a que quelques centaines de sujets, impalpables et invisibles sur la Toile, mais il légifère, il répond aux courriers et discute de politique avec ses ministres !
Fou à lier, le brave Éric ? Alors, il faudrait enfermer avec lui les centaines de milliers de personnes qui, sur la planète, jouent à Napoléon… ou à Gandhi.
En moins de dix ans, en effet, plus de mille pays imaginaires ont vu le jour sur Internet. Certains sont de pures farces, sortes de Guignols de la planète. Mais d’autres se prennent au sérieux : le Royaume de Talossa, malgré un effectif de 65 citoyens seulement, s’est inventé un langage de 25 000 mots ; le créateur de la Cyber Yougoslavie, Zoran B., réclamera un espace vital de 20 m2 à l’ONU dès que son pays comptera 20 millions d’âmes ; la république de Lomar délivre des passeports, imprime des timbres et émet sa monnaie…


Adresses :
Vite Vu (février 2007)
Wiki : soyons tous auteurs ! (décembre 2003)
Le couteau suisse électronique du nomade (juillet 2003)
Écrans pays (février 2007)
la loi Chatel et les TIC : QUELLES CONSEQUENCES POUR LA REUNION ? (juillet 2008)
Futurs : Drones : le jouet de guerre utile à la paix (juillet 2003)
Vite Vu (décembre 2006)
[Brève] Une plate-forme des Mascareignes (décembre 2007)
Les bonnes idées à prendre (septembre 2007)
Plus le droit de se perdre : Le GPS enfin à La Réunion (décembre 2006)Le jeu des micronations est souvent mal connu du grand public. Or la tendance naturelle humaine est a la crainte et a la croyance. On en voit les derives au quotidien, parfois meme jusqu’au fanatisme : la religion, le racisme, la crainte de Dieu et de l’Enfer, la crainte de l’etranger, et en general la crainte de ce que l’on ne connait pas du tout ou tres peu.
Depuis l’apparition de ce genre de jeux, la crainte des jeux de roles n’a cesse de grandir. Parfois on se demande si les gens sont a ce point naif et comment une crainte de l’inconnu peut se propager plus vite que la curiosite face a cet inconnu. C’est malheureux, mais il s’agit souvent de voir ou de’couter celui qui n’a jamais joue a ces jeux en parler de facon aussi critique.
Le micromonde est un jeu d’imagination, mais aussi un jeu d’apprentissage, de simulation et d’idealisme. Parceque la population est reduite et qu’il est plus facile d’acceder a des responsabilites, le joueur apprend enormement tout en s’amusant lorsqu’il est confronte a des problemes similaires a ceux de la vie reelle.
Le panel de pays que vous avez cite montre la legerete de votre etude, et c’est bien dommage. Nul part vous ne parlez de micromonde. Les pays ne sont pas seulement des entites distinctes, ils interagissent et certains sont extremement proches. Je vous invite a vous pencher sur la Syldavie, Orion et Ydemos.
Je joue personnellement a ce jeu depuis deux ans. Aujourd’hui Ydemos est le modele reduit d’une democratie directe parfaite, et ou l’esprit democratique est pousse a son maximum. C’est un jeu de construction auquel chaque joueur apporte sa propre brique, car nos regles ne sont pas determinees, et bien plus qu’un jeu de monopoly ou de recherche de tresor en battant des orcs et des magiciens, il s’agit d’etre fier de ce que l’on construit ensemble. Une communaute n’est apres tout qu’un ensemble de personnes ayant des interactions. Nos interactions se concretisent en la construction d’une societe ludique et virtuelle, qui nous rend fier de jour en jour.
Le meilleur moyen de decouvrir cela est sans doute de jeter un oeil sur le site mais surtout sur la ML nationale d’un pays. Pour ydemos, il s’agit d’ http://www.ydemos.com et de http://groups.yahoo.com/group/ydemos
Cordialement,
Clem Yeats, Ydemos