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Sommaire , janvier 2010

Editorial Région Dossier Créativité Pays

Koman i march, Koman mi fé ? Futurs

Protel NEWS numéro 111, septembre 2006

Les TIC à La Réunion : Insularité et intelligence

Il n’est pas facile de caractériser la filière TIC à La Réunion.Elle rassemble bien des métiers : quel point commun entre un opérateur de télé par satellite,un fabricant de matériel et un éditeur de jeux en ligne ?

Il y a cependant un point commun : l’insularité. Tous sont soumis aux mêmes contraintes sur le marché local comme sur le marché national. Tous savent aussi que dans le grand jeu planétaire, il faut avoir de l’imagination...


Si on avait demandé ce qu’étaient les TIC, à l’époque héroïque (il y a dix ans seulement !) où Protel-News expliquait les balbutiements de l’Internet à ses lecteurs, la réponse se serait limitée à téléphonie, télévision, informatique. Même le multimédia était un mot nouveau... Aujourd’hui, les TIC sont partout, comme l’eau courante et l’électricité. D’ailleurs, il y a bien longtemps qu’on ne parle plus de “nouvelles” technologies de l’information et de la communication...

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L’énorme poids des opérateurs de réseaux : 4 % des entreprises, 52 % du CA.

Frontière floue

Du coup, il devient difficile de définir les TIC comme secteur d’activités : le comptable qui télécharge les relevés bancaires de ses clients, l’hôpital qui échange de l’imagerie médicale introduisent des pourcentages de plus en plus importants de TIC dans leurs activités. Preuve que celles-ci se sont banalisées dans nos contrées...

Professionnels

Cependant, si tout le monde a désormais besoin d’utiliser les TIC, il faut des professionnels pour les mettre en œuvre. Leur nombre, leurs compétences ont considérablement progressé à La Réunion en cinq ans. La productivité (CA par salarié) a progressé de 72 % en cinq ans, les entreprises sont plus vieilles (signe de solidité accrue), leur capital social progresse (57 % avaient un capital inférieur à 30 000 euros en 1999, elles ne sont plus que 36 % en 2005). Cette professionnalisation s’accompagne d’un renforcement très net du sentiment d’appartenance à la filière TIC : 85 % des entreprises en 2005, contre 50 % en 1999. La frontière ne serait-elle donc pas si floue qu’on le pense ?

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Explosion du CA : les TIC, une vraie filière.

Équilibres régionaux

Le Nord reste de loin la région la plus riche en TIC, qu’il s’agisse du nombre des entreprises ou du CA généré. Mais cette prééminence diminue : 78 % des entreprises étaient installées dans le Nord en 1999, elles ne sont “plus que” 65 % en 2005. Autre fait remarquable : 14 % seulement des entreprises avaient un établissement hors de l’île en 1999, elles sont 28 % (à périmètre comparable) en 2005. En revanche, on sent un tassement du rythme de croissance : si le CA a considérablement progressé depuis 1999, il baisse de 1 % en moyenne entre 2004 et 2005. Le marché arriverait à saturation ?

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Prestataires techniques et distributeurs en crise, dans un secteur en léger progrès.
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Gros progrès des téléservices, mais ils ne représentent que 3 % de l’effectif total.

Les raisons de ces évolutions semblent évidentes. D’abord, les Réunionnais se sont considérablement équipés au cours des dernières années, et cet équipement n’a pas stimulé que le commerce. En matière de télévision et de téléphonie, par exemple, ce sont les opérateurs qui ont tiré le plus grand bénéfice de cette croissance, avec des progrès considérables de leur CA. La question est de savoir si cette évolution va se poursuivre, dans un marché en phase de maturité.

Un paysage changeant

Avant les opérateurs, les commerçants se sont trouvés confrontés aux tassements du marché (de plus en plus de foyers sont équipés), mais aussi à une nouvelle concurrence : de plus en plus grandes quantités de matériel informatique et TIC sont commercialisées dans les grandes surfaces ou par Internet. Le constat général est que la filière change fréquemment, et que ses acteurs doivent être encore plus adaptables et imaginatifs que ceux de secteurs plus traditionnels. Des métiers nouveaux font leur apparition, comme les créateurs et éditeurs de contenu, sur des supports toujours plus divers (Internet, CD-ROM, GSM, TV ADSL, TV mobile, TNT...), les créateurs et producteurs audiovisuels ou de téléservices, inexistants en 2000 et qui représentent aujourd’hui 1 % du CA.

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Progrès de l’effectif : créer des emplois TIC, c’est possible !





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Pour 92 % des entreprises, le coût du haut débit a une influence forte ou très forte.

Des freins

Le premier frein au développement de la filière, d’un avis fortement majoritaire, est le haut débit : encore trop cher, et de capacité insuffisante. C’est lui qui entraverait le plus le développement de la filière : toujours l’insularité... Les acteurs attendent aussi une action volontariste de la part des diverses instances. L’exemple de l’action régionale en faveur de la création cinématographique et multimédia est souvent cité. Baisser l’octroi de mer sur les produits TIC, aider au développement du nombre des internautes ou du commerce électronique sont des interventions fréquemment demandées.

En conclusion

Un secteur en pleine phase de développement, qui se professionnalise, mais qui souffre de l’étroitesse du marché, de coûts de communication fortement handicapants et d’une concurrence “low cost” de plus en plus présente. Un secteur qui sait aussi innover et évoluer très vite, qui montre son dynamisme localement et à l’export, qui embauche et qui est conscient de ses qualités. Prometteur...





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