Rassembler les énergies plutôt que s’épuiser en vaines concurrences : la clé pour le THD de demain.
Il faut compter environ 800 euros par abonné pour raccorder des secteurs à forte densité (au moins 8000 habitants par kilomètre carré, au moins 8 logements par immeuble). Dans des secteurs de densité moindre, le coût du raccordement peut être beaucoup plus élevé, et dépasser 1200 euros. Conclusions : tous les secteurs ne pourront pas être connectés, et il va falloir revenir, comme au vieux temps du service public, à une infrastructure unique, avec la différence notable qu’elle sera partagée. On ne peut pas imaginer en effet que chacun des opérateurs concurrents y aille de son réseau de fibres : le coût de la mise en place serait prohibitif. Plutôt qu’une concurrence « primaire » aboutissant à un réseau par opérateur, les pouvoirs publics, dans la grande majorité des pays, incitent à la mise en commun des infrastructures, qu’il s’agisse de réseaux déjà existants (fibres optiques des opérateurs historiques) ou à créer. Ce qui suppose que les propriétaires des réseaux « anciens » les mettent à disposition à des prix raisonnables.

Par ailleurs, il est essentiel d’anticiper, si on veut progresser vite et à moindre coût. Creuser une tranchée spécifique pour faire passer une fi bre optique coûte environ 100 euros par mètre, contre 50 seulement si on profi te de tranchées réalisées pour un autre réseau (électricité, eau, assainissement…) Autrement dit, il faut que les collectivités publiques incluent systématiquement la pose de fibres optiques (ou de gaines vides permettant la pose future de fibres) dans les cahiers des charges de tous les travaux de réseaux, quels qu’ils soient. De même, les opérateurs immobiliers feront de notables économies s’ils prévoient des gaines dans toute construction nouvelle.
Le nouveau cadre légal permet aux collectivités de s’impliquer beaucoup plus fortement dans ces chantiers, qu’il s’agisse des travaux proprement dits ou de la nécessaire coordination entre opérateurs, afi n que l’offre soit accessible au plus grand nombre, sans monopoles locaux (tel quartier ne pouvant être desservi que par l’opérateur X, qui y pratique les tarifs et les débits qu’il veut). L’objectif est que personne ne soit obligé de déménager pour bénéficier du très haut débit…
L’argument financier devrait aider à convaincre les opérateurs : que la zone concernée soit dense ou moins dense, le coût du raccordement d’un abonné est à peu près divisé par trois quand le réseau de fibres est mis en commun.

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