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Sommaire , janvier 2010

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Koman i march, Koman mi fé ? Futurs

Protel NEWS numéro 114, décembre 2006

Nouveau web, nouvelle chance pour notre île ? Web 2.0 : la carte réunionnaise
On ne sait pas encore si c’est un mot à la mode ou une vraie tendance. En tous cas le web 2.0 n’est pas une révolution technologique, mais presque une mutation culturelle et sociétale. Comme pour le téléphone et pour le (worldwide) web 1.0, on voit la concomitance de plusieurs technologies conduire à de nouveaux usages. Parmi ceux-là se trouve peut-être l’application maîtresse de demain. La Réunion participe à ce défrichage.

Ouvrez un annuaire de blogs, par exemple www.skyblog.com. Et regardez les compteurs en haut de la page. C’est fascinant : sous vos yeux, plusieurs nouveaux blogs se créent à chaque... seconde ! Il y en avait déjà plus de six millions au moment où nous avons rédigé ces lignes, et on approche sans doute des sept au moment où vous les lisez. Et il ne s’agit que de blogs en français, sur un seul des nombreux sites qui hébergent ces nouveaux modes d’expression. Dire qu’il y a deux ans, personne ou presque ne savait ce qu’était un blog... Et le web 2.0 ce n’est pas que les blogs !

Le “nouveau Web”, c’est quoi ?

C’est d’abord le résultat - encore précaire - de l’augmentation rapide des débits, de l’arrivée de logiciels simples d’utilisation, et de prestataires de services prêts à prendre des risques pour tenter de nous proposer de nouveaux services. S’agissant des réseaux, l’augmentation des débits a permis d’atteindre plusieurs mégabits par seconde. Du coup, le “vieux” rêve du Net que bien des entreprises et des particuliers avaient caressé au début des années 2000 peut se concrétiser : souvenez vous, lorsque beaucoup ont cassé la tirelire pour se payer un site Web que personne ne consultait, parce que les images étaient trop lourdes et les débits trop faibles. D’autre part les contenus de la Toile changent d’origine :non seulement aujourd’hui, les tuyaux sont plus gros, mais des outils plus simples naissent tous les jours, ce qui entraîne plusieurs conséquences en cascade :
- Créer et modifier du contenu est devenu aussi facile que d’utiliser sa messagerie : un blog, ça se fabrique en trois clics ! A comparer avec le complexe langage HTML des coûteux logiciels créateurs de sites Internet...
- Conséquence directe, l’information “montante” (de l’internaute vers les serveurs) moins bridée que jadis, foisonne : par textes, sons ou images tout le monde peut donc s’exprimer, et ne s’en prive d’ailleurs pas ! Avec un plus vraiment positif : les écrans sont de plus en plus efficaces, intuitifs... et beau !
- Et comme les offreurs de services - les réseaux comme les serveurs - se livrent une concurrence acharnée, les prix tombent. Pas de grande révolution technologique, donc. Simplement une formidable simplification des outils, et un rapport débit/prix infiniment meilleur, qui fait véritablement exploser la planète communicante : d’une logique de base de donnée (que tout le monde consulte mais que quelques spécialistes alimentent) plutôt statique, le web est en train de muter vers une sorte de place publique virtuelle, où théoriquement toute les voix peuvent se faire entendre. Avec une conséquence immédiatement perceptible : il règne sur cette place publique un vacarme assourdissant !

Quels usages, pour quel public ?

Au crédit du Web 2.0 la possibilité d’économiser, de s’informer plus efficacement, et surtout de s’exprimer. Economiser, car beaucoup de services jadis très onéreux sont devenus gratuits ou presque : échanger des fichiers lourds (yousendit.com), stocker des informations sur le Net (GMail sur Google), tenir un agenda pour des travaux de groupe (doodle.ch), écrire et créer des tableaux sans logiciel (www.thinkfree.com)... Et avec une ergonomie et une qualité de résultat qui valent celles des logiciels payants ! S’informer est devenu de plus en plus facile, grâce aux moteurs de recherche et à l’indexation, aux flux RSS (Really Simple Syndication : abonnement à des actualités sur un sujet donné) et aux alertes automatiques, l’internaute trouve tout, tout de suite. Et cette communication galopante ne se limite pas à des textes, mais s’étend aux images, à la télévision, aux films, sur l’ordinateur mais aussi sur le téléphone mobile. La presse traditionnelle elle-même a emprunté le train du progrès : vous pouvez lire le Monde ou le JIR en ligne... Mais c’est dans le domaine de l’expression que les choses ont le plus changé. L’internaute dialogue et parfois vote sur les nouveaux forums de démocratie participative en ligne, il partage ses connaissances en enrichissant des collections de documents (http://fr.citizenbay.com), voire une encyclopédie planétaire (fr.wikipedia.org), assiste son prochain sur d’innombrables sites, en lui fournissant des réponses techniques... ou sa plus jolie photo, ou la vidéo du chien...

Fouillis ?

L’image qui résulte de ce foisonnement pourrait paraître confuse : qui lit tous ces blogs, qui s’intéresse à la photo de vacances à Rodrigues de la famille Payet ? Ce serait oublier les services énormes que peuvent rendre certaines de ces créations : trouver du travail ou rencontrer l’amour de sa vie sur le Net, ou dialoguer entre citoyens d’un même quartier, sans avoir à s’astreindre à des réunions interminables, suivre le périple de Maud Fontenoy, même quand les médias ne parlent plus d’elle... Bref, plus de dialogue, plus de communication, et à la fin du compte, peut-être plus de démocratie. Et ce n’est qu’un début...


Banque en ligne : temps gagné

Mine de rien, faire ses démarches en ligne c’est travailler pour le développement durable. Calculez l’économie de temps, de déplacements, donc d’essence, que vous faites quand vous vous connectez sur les sites de la CAF, de la Sécu, des mairies et administrations pour y trouver des renseignements, télécharger des formulaires, voire effectuer des paiements ! En tête du mouvement, un des partenaires économiques majeurs : la banque. Toutes celles de La Réunion possèdent un site, sur lequel, grâce à son numéro de compte et un mot de passe secret, le client internaute peut en toute sécurité et immédiatement consulter son solde, demander un RIB, commander un chéquier, effectuer des virements et même télécharger le relevé de son compte, qu’on pourra intégrer dans son logiciel de comptabilité. Un exemple qui pourrait s’élargir à d’autres partenaires économiques : à quand le vrai shopping pays en ligne ?


Démocratie en ligne : les budgets participatifs

L’exemple a été donné dès 2001 par Porto Alegre, une ville brésilienne : en faisant appel massivement à l’avis des citoyens, cette localité est parvenue à de remarquables progrès dans tous les domaines. Argent mieux dépensé, citoyens plus motivés. Le Web 2.0 facilite aujourd’hui considérablement cette démocratie participative, à la fois en mettant les informations à la disposition des citoyens (on peut télécharger les dossiers d’information, poser des questions aux spécialistes et aux élus...) et en permettant à ces citoyens de donner leur avis, de commenter, et parfois même de voter. Ce retour d’information est capital pour les décideurs : il permet de mesurer la popularité des projets, d’identifier les besoins des administrés, de recevoir des suggestions innovantes, et surtout de gérer les budgets en parfaite transparence. Un modèle inspiré par la gauche, qui s’étend à tout l’éventail politique planétaire.





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