Il n’y a pas que le réseau de collecte régionale. La Région Réunion ne ménage pas ses efforts sur la “connexion au monde” de notre île. Dans trois directions : faire baisser les tarifs sur SAFE, acheter de la capacité en gros sur ce même SAFE, et créer une connexion alternative sur un autre câble, avec nos voisins. Il y a déjà de solides résultats.

Le prix d’une liaison louée Réunion-métropole a été divisée par 38 en cinq ans ! Effet de la soudaine générosité d’un opérateur ? Sûrement pas : la Région a été obligée d’engager un contentieux vis-à-vis de l’opérateur historique, qui détenait le monopole sur les liaisons métropole-Réunion, pour obtenir des tarifs plus en accord avec les coûts réels de ces liaisons. Résultat : une première division du prix, par onze.
De 17 500 à... 460 euros pour le même service
Les efforts ne se sont pas arrêtés là. Les prix ont encore baissé de moitié entre 2004 et 2006, date à laquelle un protocole d’accord a été mis en place avec l’Etat, visant à subventionner une partie du surcoût du haut débit par une aide aux opérateurs, obligatoirement répercutée sur l’usager. Cet accord a permis d’abaisser à 460 euros/mois le mégabit/seconde de liaison professionnelle des opérateurs... qui était facturé 17 500 euros cinq ans plus tôt !
Mais on est encore loin de la continuité territoriale : le ticket pour sortir de La Réunion reste cher, nettement plus que celui pour sortir de métropole, par exemple.
Or, la partie câble (la “connexion au monde”) entre pour plus de la moitié dans la facture finale que doit payer l’usager. L’effort pour désenclaver La Réunion sur ce point crucial reste donc essentiel.
D’autres câbles pour La Réunion
Que peut-on faire pour faire baisser encore les tarifs ? Demander d’autres aides nationales, mais celles-ci ont leurs limites. On peut surtout créer les conditions d’une vraie pluralité de l’offre. C’est pourquoi la Région s’oriente vers une double action : acheter de la capacité en gros (IRU : Indefeasible Right of Use) sur le câble SAFE, et se connecter au futur câble des îles de l’océan Indien qui sera relié au réseau est africain (Eassy) ou à tout autre câble arrivant sur la côte est africaine. Ces nouvelles connexions seront mises à disposition de tous les opérateurs, ouvrant enfin les conditions d’une vraie concurrence.
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Phase 3 : Agir sur “la connexion au monde”
Bonjour,
Le câble Eassy, tout comme le câble des îles de l’Océan Indien n’est pas encore opérationnel. L’un comme l’autre pourrait voir le jour en 2009.
Il y a peu de chance que ce nouveau câble améliore de manière importante le délai du "ping". En effet, les pings habituellement constatés aujourd’hui sont de l’ordre de 230 ms. Or, la Réunion est éloignée de Paris de plus ou moins 20 000 km (en longueur de fibre optique en passant par le Portugal). Si l’on considère que la lumière transite dans la fibre optique à 55% de la vitesse de la lumière dans le vide (donc à 165 000 km/s), il lui faut au minimum 121 ms pour rejoindre Paris. Rajoutons à cela les 40ms en interne à l’île et approximativement autant à Paris et on arrive à 200 ms .
Il est peu probable que le trafic passant par un câble Réunion/Madagascar/Eassy/Paris permette un ping plus court, les distances étant comparables...
Denis FABREGUE Responsable Projets Haut Débit Région Réunion Direction Régionale des TIC Tel. : 02 62 92 29 35 Fax. : 02 62 92 29 00 Mail : d.fabregue@protel.fr