Les radio tags sont de minuscules étiquettes métalliques, réagissant aux ondes radios et transmettant des informations à distance. Appliquées sur des objets, elles permettent d’identifier à distance des produits, d’inscrire ou de collecter des données selon que les balises soient “actives” ou “passives”. Jusqu’à 8 ko d’informations peuvent être stockées sur ces minuscules étiquettes.
Leur technologie a séduit les géants de la distribution : Tesco, Wal-Mart, Gilette, Metro, Marks & Spencer, n’ont pas hésité à les utiliser pour identifier leurs produits au sein de leur chaine d’approvisionement, améliorant ainsi leurs gestions des stocks.
Le consommateur pourrait lui aussi tirer des avantages des radio tags : une puce intégrée à un vêtement pourrait, par exemple indiquer au lave linge “intelligent” les règlages adaptés, ou préciser au four à micro-ondes, si elle se trouve sur un emballage alimentaire, le minutage et la température de cuisson appropriés.
Côté sécurité, des balises microscopiques RFID pourraient être intégrées aux futurs billets et passeports européens afin de les mettre à l’abri des contrefaçons. Plusieurs aéroports songent au marquage des bagages par des radio tags. Enfin, le Ministère de la Défense Américaine impose désormais à ses fournisseurs d’identifier leurs produits par des étiquettes électroniques de type RFID.
Plus dérangeantes sont les applications humaines de cette technologie : le Ministère de la santé américain a autorisé l’implantation d’étiquettes RFID sous-cutanées pour des fins médicales. D’autres utilisations humaines sont envisagées : le badgeage des salariés ou encore comme porte monnaie électronique.
Des risques pour la vie privée
Le collectif américain CASPIAN (Consumer Against Supermarket Privacy Invasion and Numbering) dénonce les risques que présente cette technologie pour la vie privée des consommateurs : ceux ci doivent pouvoir désactiver le tatouage électronique de leurs achats afin d’éviter qu’ils soient pistés et profilés dans leurs habitudes jusque chez eux !
CASPIAN s’oppose également à toute utilisation des radio tags dans l’identification humaine : en effet, les informations contenues sur la puce RFID d’un passeport pourraient très facilement être lues par quiconque dispose du matériel approprié, sans que le porteur du passeport ne puisse manifester son consentement ou n’en ait même connaissance. Outre la surveillance totale de l’individu par une machine, les RFID favoriseraient ainsi des dangers de vol d’identité !
En France, la législation est plus protectrice de la vie privée. La nouvelle loi Informatique et liberté impose en effet le consentement préalable de l’individu avant tout traitement de données le concernant. Cela sera t-il suffisant face à des technologies de plus en plus plus intrusives ?

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