
Force et faiblesses… La situation des TIC à La Réunion est contrastée. D’un côté, les “professionnels de la recherche” et notamment l’Université (pages suivantes) cherchent… et trouvent. De l’autre, la filière TIC reste fragile, parce que constituée de petites entreprises, peu visibles au niveau international. Comment renforcer compétences et compétitivité ?
Une filière menacée
La filière TIC s’est considérablement consolidée au cours des cinq dernières années : progression du chiffre d’affaires moyen par entreprise, de la masse salariale, des effectifs… Elle s’est aussi montrée capable de développer des projets innovants à fort potentiel. Toutefois, le nombre d’emplois créés reste modeste.
Les raisons principales : l’étroitesse du marché (pas assez attractif pour les entreprises européennes, qui y externalisent peu d’activités), le coût de la main-d’œuvre qui fait que centres d’appels et autres services nécessitant de la main d’œuvre s’implantent plutôt à Maurice, voire bientôt à Madagascar.
Or, l’océan Indien est une nouvelle zone d’expansion pour les entreprises internationales des TIC, qui envisagent d’y délocaliser 20 % de leurs activités dans les dix prochaines années : un investissement d’au moins 30 milliards d’euros. Que faire pour que La Réunion en profite ?
Bilan contrasté
Les atouts de la filière TIC réunionnaise sont réels : compétence et inventivité, contexte européen, avec un niveau d’équipement que bien des régions européennes peuvent nous envier… Cela ne suffit pas pourtant.
Les qualités de La Réunion ne sont pas assez connues : manque de visibilité. La Réunion elle-même ne parvient pas toujours à optimiser ses compétences : il y a encore trop peu de connexions entre ceux qui découvrent (l’Université, notamment) et ceux qui exploitent (les entreprises).
On manque aussi de ces “business angels” qui ailleurs osent investir sur des créneaux novateurs. Enfin, le facteur géographique (éloignement des grands pôles économiques, proximité de voisins à la main-d’œuvre moins chère) est encore trop souvent ressenti comme un handicap, alors qu’il pourrait être un atout.
Il faut agir, à tous les niveaux : un cadre législatif et financier plus favorable, dans le cadre de la zone franche globale (ZFG), mais aussi une action plus concertée de la profession, peut-être à travers des “clusters” ou “grappes d’entreprises”…
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