La dernière enquête sur la Diffusion et les usages des TIC dans les entreprises réunionnaises,
lancée par la Région Réunion, permet de faire d’intéressantes comparaisons entre 2003 et 2005.
Désormais, on peut mesurer l’évolution. Elle est prometteuse...
Quelques chiffres, histoire de vous mettre en appétit : moins de 70 % des entreprises réunionnaises étaient équipées d’un ou plusieurs ordinateurs en 2003, elles étaient plus de 82 % deux ans plus tard ! Même évolution pour Internet, qui connecte désormais près de 66 % des entreprises, contre 51 % en 2003, ou le GSM qui a gagné 5 points en deux ans.
Un échantillon représentatif
Ces chiffres sont fiables : ils s’appuient sur un échantillon de 802 entreprises réunionnaises sélectionnées selon la méthode des quotas (taille de l’entreprise, grands secteurs d’activité).
Le questionnaire était découpé en six grandes parties :
Identité de l’entreprise,
Perception des TIC,
Diffusion et utilisation des TIC,
Difficultés rencontrées,
Impacts des TIC sur l’entreprise,
Attentes de l’entreprise.
Cette enquête avait déjà été menée par l’ODR pour la Région Réunion en 2003. Son renouvellement en 2005 permet de mesurer l’évolution des comportements et des besoins, dans un domaine soumis à un rythme soutenu d’innovation et de progrès, et qui constitue un facteur déterminant de la productivité et de la croissance des entreprises.
Meilleure perception, mais...
Si on compare 2005 à 2003, on constate que la part des chefs d’entreprise “fans” de TIC est passée de 18 à 23 %. Un progrès, mais quatre sur dix persistent à ne s’y intéresser que par obligation... ou pas du tout. Il y a donc du progrès à faire... Progrès en cours, puisque la part des entreprises qui considèrent que les TIC sont “peu utiles” ou “totalement inutiles” pour leur évolution est tombée de 15 à 11 % : le camp des irréductibles se réduit. On a cependant l’impression que la pratique des TIC reste limitée à un nombre réduit de spécialistes : utiles pour l’entreprise, certes, mais pas considérées comme indispensables au niveau individuel. Leur maîtrise n’est considérée comme un critère d’embauche que pour 35,2 % des employés, 16,5 % des cadres (moins qu’en 2003 !) et 7,6 % des ouvriers... Quant aux entreprises, elles sont près de 85 % à ne jamais participer à des salons ou séminaires sur les outils et matériels TIC, et à ne jamais lire une revue consacrée à ces sujets. Un pourcentage en augmentation de deux points : manque d’intérêt, absence du salon "Cyber" en 2005, ou sentiment que les TIC font à tel point partie du paysage qu’il n’est plus nécessaire de les étudier ?
Un équipement en progression
Le schéma le montre bien : le taux d’équipement en machines et logiciels progresse rapidement, quel que soit le domaine concerné. Machines (ordinateurs, GSM, serveurs, réseaux, standards téléphoniques, systèmes de visio-conférences, stockage de données centralisé) et outils de communication (connexion Internet, messagerie électronique, sites Internet ou Intranet, systèmes de protection tels qu’antivirus ou firewalls) sont en progression rapide, même si certaines applications spécifiques (standard téléphonique, site Internet...) ne concernent que les plus grandes entreprises. L’enquête a d’ailleurs permis d’identifier celles qui sont le moins bien équipées : les plus anciennes (par leur date de création ou l’âge de leurs équipes), celles qui ne font pas partie d’un groupe, celles du secteur du commerce. ou tout bonnement celles que les TIC n’intéressent pas.
Le haut débit explose !
Enfin, pourrait-on dire : après un long retard, les connexions haut débit ont plus que doublé en deux ans, signe d’un changement majeur dans la communication des entreprises. Désormais, elles sont près de 59 % à être connectées à l’ADSL, contre 25,8 % en 2003. De ce fait, les autres liaisons Numéris, SDSL (haut débit avec débit garanti), qui ne touchaient que quelques rares entreprises, sont en régression. De même la bonne vieille ligne téléphonique classique, qui a chuté en deux ans de 58,5 % à 32,5 %. On l’aura donc noté : il y a maintenant presque deux fois plus d’entreprises connectées au haut débit qu’à une ligne téléphonique classique...
Sites Internet : progrès rapide
13 % des entreprises réunionnaises avaient développé un site Internet en 2003, elles étaient 22 % en 2005. Cette rapide évolution masque une utilisation encore très traditionnelle : la grande majorité des sites d’entreprise restent confinés à l’information (présentation de l’entreprise, informations pour les clients). Les catalogues de produits en ligne n’apparaissent que sur la moitié des sites. Quant aux systèmes de commande en ligne, ils ne concernent que 22 % des sites... et seuls 9,4 % permettent le paiement en ligne. On est donc encore loin de la généralisation du commerce en ligne. Cependant, il y a des progrès sensibles à tous les niveaux. Seuls secteurs en régression : la consultation d’une base de données, les informations à destination des fournisseurs et le service après-vente en ligne : moins efficaces que le “vrai” contact ?
À quoi servent les TIC ?

On ne sera pas étonné de voir figurer les grands classiques en tête du hit-parade : logiciels de traitement de texte, tableurs, anti-virus, logiciels spécifiques à l’activité de l’entreprise, comptabilité, logiciels de mise en forme et de présentation et, dans une entreprise sur trois, un logiciel de gestion de base de données. Signe de temps nouveaux : plus de deux entreprises sur dix déclarent utiliser des logiciels libres. Toutes ou presque reconnaissent en revanche qu’elles n’utilisent qu’une infime partie des possibilités de leurs logiciels : qu’il s’agisse des grands classiques, d’outils adaptés aux besoins de l’entreprise ou d’Internet, l’utilisation reste basique (seulement 23 % des utilisateurs se déclarent “experts”). Cette situation va-t-elle évoluer ? 37 % des entreprises ont déjà fait suivre une formation TIC à leurs employés, dont 11 % en 2005. Plus que 63 % à toucher...
Quels impacts ?
Dans l’ensemble, l’impact des TIC est jugé positif : pour sept entreprises sur dix, elles permettent une meilleure organisation, pour quatre sur dix une amélioration de l’image de marque, pour trois sur dix une amélioration de la productivité. On pourrait encore citer la réduction des coûts ou l’élargissement du marché. En revanche, elles ne semblent pas créer des emplois : les opinions sur ce point, déjà très négatives en 2003, le sont encore plus en 2005. Seules 5 % des entreprises y croient aujourd’hui. Autre point négatif : 37 % des dirigeants considèrent que leur entreprise se trouve en situation de dépendance vis-à-vis des nouvelles technologies. Une proportion en forte augmentation : ils n’étaient que 25 % en 2003. Effet conjugué d’une complexité qui reste réelle et de l’usage accru des TIC : plus on s’appuie sur elles, plus on en dépend, c’est logique...
Là où ça coince

L’enquête a aussi mis le doigt où ça fait mal : quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre entreprise en matière de diffusion des TIC ? Excellente surprise : 36 % des chefs d’entreprise déclarent n’avoir rencontré aucun obstacle. Les autres se plaignent en priorité de la lourdeur des investissements à faire (27 %) ou de blocages techniques ou humains : en vrac, l’insuffisance de la maîtrise technique en interne, la complexité du langage des professionnels, des difficultés de recrutement de personnels compétents. Mais ces obstacles restent marginaux : tous figurent aux alentours ou nettement au-dessous de la barre des 5 %. Une psychose à oublier : seules 0,4 % des entreprises se plaignent d’avoir souffert de virus. Quand on se protège efficacement...
Qu’espérez-vous ?
Les attentes des entreprises donnent une bonne idée de leur indice de satisfaction. Disons d’emblée que les plus nombreux sont ceux qui n’attendent rien : heureux tiers ! Les autres aimeraient en priorité augmenter les qualifications de leurs employés (19 %)... ou leurs moyens d’investissement, à travers des subventions (15 %), une baisse des coûts (11 %) ou plus de trésorerie (7 %). La demande d’information et de formation se retrouve chez 7 % des entreprises. Quant aux autres attentes, elles restent toutes au-dessous de 3 %. Sujet très médiatique, la demande de baisse des coûts de l’ADSL ne motive que 2,1 % des entreprises interrogées. Tableaux de famille

Un des résultats les plus curieux de l’enquête a été la mise en rapport de l’intérêt manifesté par le chef d’entreprise pour les TIC et le degré d’intégration de celles-ci. Cette comparaison a permis d’identifier trois groupes :
Les “indifférents hermétiques” : 17 %
Les “suiveurs minimalistes” : 37 %
Les “utilisateurs convaincus” : 46 %.
Les “indifférents hermétiques”
Ils sont les moins nombreux (17 %). Les entreprises de ce groupe sont les plus petites (deux salariés ou moins) et concernent souvent le commerce (46 %). L’intérêt du chef d’entreprise pour les TIC est faible et l’équipement est maigre : 14 % seulement disposent d’un ordinateur et 51 % d’un téléphone portable. Beaucoup d’entre eux persistent à penser que ces outils sont peu ou pas utiles à leurs activités.
Les “suiveurs minimalistes”
Ils forment plus d’un tiers des entreprises. Leur équipement reste classique : ordinateurs (93 %), téléphone mobile (85 %), connexion Internet (63 %). Cependant, 9 % ont un site Internet et 5 % un Intranet. Et on note que beaucoup d’entre eux se plaignent d’un manque de compétence en interne et d’une offre de formation professionnelle insuffisante : il y a donc demande de progrès.
Les “utilisateurs convaincus”
Presque la moitié des entreprises. Ce sont en majorité les plus grandes, celles aussi où le responsable est intéressé ou très intéressé par les TIC. On ne sera donc pas étonné qu’elles soient les mieux formées et informées, et les plus équipées : le taux d’ordinateurs et de téléphones mobiles dépasse les 90 %, et les outils pointus (réseaux, Intranet, firewalls...) sont fréquents. S’ils perçoivent mieux que d’autres les impacts positifs des TIC, ces utilisateurs convaincus pointent aussi des obstacles à leur développement : freins financiers mais aussi services insuffisants de la part des prestataires et difficultés de recrutement de personnels compétents.
En conclusion
On peut espérer que dans deux ans, les chiffres seront encore meilleurs. L’évolution est très nette en tout cas, sur un laps de temps pourtant très court, et la progression des équipements et surtout des moyens de communication (ADSL notamment) devrait faire considérablement évoluer l’usage des TIC à La Réunion dans les années à venir. L’action de la Région Réunion va dans ce sens : mettre les TIC à la portée du plus grand nombre, pour le progrès de tous... Un grand merci à l’ODR, Marie-Laure Hoarau et Séverine Jetter en particulier, qui ont réalisé cette étude et effectué un travail remarquable et au POSI, Pôle d’Observation de la Société de l’Information, qui a contribué à son suivi. Voilà des collaborations fructueuses !
IKRé Pro : c’est parti !
IKRé PRO, le concours régional de création multimédia organisé par la Région Réunion et à destination des professionnels réunionnais a été lancé. Le thème de création élaboré par la Maison de la Culture et de l’Unité Réunionnaise porte sur "les routes des traites négrières". L’objectif de cette opération est de permettre aux entreprises réunionnaises de montrer leur savoir faire dans le cadre du concours multimédia IKRé. Pour concourir, les entreprises devaient formuler des propositions répondant aux exigences d’un cahier des charges et les illustrer par une maquette. Ce cahier des charges peut être lu sur les liens suivants : www.ikre.re et http://tic.regionreunion.com. Les créations étaient attendues pour le 15 mai 2006. A la clé : une indemnité de 3 000 euros pour les trois meilleures propositions, et la commande de la meilleure création par la Collectivité si les propositions formulées lui paraissent suffisamment convaincantes. Une cérémonie de remise des prix récompensera les lauréats des deux concours
Audiovisuel : Cannes à La Réunion ! (juillet 2003)
Cybercases : portail ouvert ! (juin 2003)
Hourtin en direct - Mercredi (août 2002)
Investir dans l’homme réunionnais (mars 2007)
Protel on line (juin 2005)
Les TIC dans la région Océan Indien On avance… (novembre 2008)
Vidéoclips : le soutien de la Région Réunion (mai 2005)
Produits pays : NPCube (août 2003)
Pour une fois, nos opérateurs sont en avance : gros progrès sur le roaming (décembre 2007)
Haute tension, haut débit ! (juin 2003)